Minh Tan

Pays d'origine:

Viêt-Nam

Thèmes:

Citoyenneté, Immigration, Patrimoine asiatique, Racisme/Discrimination, Identité et patrimoine, Multiculturalisme et diversité, Adaptation à la vie au Canada, Expérience des réfugiés

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Minh Tan talks about his family's experience during the Vietnam war. He remembers his childhood, the process of escaping Vietnam by fishing boat, and adapting to his new life in Canada.


Histoire

My name is Minh Tan, and I'm originally from Saigon, south Vietnam. I was a child when the war ended in April 1975. My family, like most south Vietnamese families, were persecuted by the Communists from the north who took over the country.

Despite being a child, I remember life in Vietnam vividly. The poverty, the Communist dominance, and influence in the schools and in the media. The world as I knew it then consisted only of the country of Vietnam.

My parents saw no real future for my younger sister and I in Communist Vietnam, nor for themselves. The Communists had imposed strict limits on the possibilities of work and education for all South Vietnamese not within their ranks. With this understanding, my parents, like several other million Vietnamese, secured passage by boat for the entire family to flee the country illegally.

In April 1980, my family with twenty-eight other Vietnamese in a fishing boat ten metres long. Our journey to Malaysia took four days and three nights, during which time we were robbed eleven times by pirate fishermen from Thailand.

In Malaysia, my family lived in a makeshift shelter built around trees at the side of an island at Pulau Bidong refugee camp. Due to my parent's education, and my father's ability to speak English, the wish to immigrate to Canada was granted within months. They had chosen Canada for it's humanitarian reputation as a country.

Our departure to Canada began with a transfer to another more civilized refugee camp on the mainland of Malaysia. Within several more months, we were flown with some five hundred other Vietnamese refugees to Montreal in a Boeing 747, where the group was dispersed in a couple of days and my family ended up in Halifax, Nova Scotia.

I arrived in Halifax in September of 1980, and was just overwhelmed by all these differences around me. Everything from the people, to the language, to the weather, was suddenly more colourful than I ever could have imagined it. There were people of many colours with beautiful eyes of many colours, speaking a colourful language called English. Everything seemed just as beautiful as the autumn colours - a phenomenon we didn't have nearly to the same extent in Vietnam.

I was in grade three then, and the kids were wonderful and kind to me. A few even taught me the Canadian game of street hockey, and through that we have remained lifelong friends.

My initial impressions of Canada were a world of potential and abundance, mostly in the immaterial sense. Much more than a land, though - it was a world. So much of the rest of the world is found here in the Canadian people, and what they brought from their lives and cultures. With so much to learn and so much to be that it seemed everything was possible.

Mon nom est Minh Tan et je suis originaire de Saigon, au Viêt Nam du Sud. La guerre s’est terminée lorsque j’étais enfant, en avril 1975. Comme la plupart des familles du sud, ma famille a été persécutée par les communistes du nord qui ont pris le contrôle du pays.

Je n’étais encore qu’un enfant, mais je me souviens très bien de la vie au Viêt Nam : la pauvreté, la domination communiste et son ascendant sur les écoles et les médias. Le Viêt Nam était tout mon monde et le seul pays que je connaissais.

Dans ce Viêt Nam communiste, mes parents n’entrevoyaient aucun futur pour ma jeune sœur et pour moi, ni d’ailleurs pour eux-mêmes. Les communistes avaient grandement restreint l’accès à l’emploi et à l’éducation pour tous les Vietnamiens du Sud qui ne faisaient pas partie de leurs rangs. Tout comme des millions d’autres Vietnamiens, mes parents l’ont compris et ils ont fait des démarches pour que toute notre famille quitte le pays illégalement par bateau.

En avril 1980, ma famille et moi avons donc pris place avec 28 autres Vietnamiens dans un bateau de pêcheurs de seulement 10 mètres de long. Le voyage jusqu’en Malaisie a pris quatre jours et trois nuits. Pendant cette traversée, nous avons été dérobés onze fois par des pirates thaïlandais.

En Malaisie, ma famille a vécu sous un abri de fortune construit à même les arbres dans un camp de réfugiés situé sur une île. Grâce à l’éducation de mes parents et au fait que mon père était en mesure de s’exprimer en anglais, nous avons su quelques mois plus tard que nous pourrions immigrer au Canada, le pays que mes parents avaient choisi en raison de sa réputation humanitaire.

En prévision de notre départ pour le Canada, nous avons été transférés dans un camp de réfugiés plus civilisé situé dans la partie continentale de la Malaisie. Après quelques mois, nous avons embarqué avec environ 500 autres réfugiés vietnamiens à bord d’un Boeing 747 en direction de Montréal. Quelques jours après notre arrivée, le groupe s’est dispersé et ma famille a été dirigée vers Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Je suis arrivé à Halifax en septembre 1980 et j’ai été submergé par toutes ces nouveautés autour de moi. Que ce soit les gens, la langue ou le climat, tout était soudainement plus coloré que j’avais pu l’imaginer. Il y a avait des gens de toutes les couleurs, avec des yeux de couleurs différentes, qui parlaient une langue colorée appelée l’anglais. Tout me semblait tellement beau, aussi beau que les couleurs de l’automne ‒ un phénomène saisonnier qui n’a pas du tout la même ampleur au Viêt Nam.

J’étais alors en troisième année du primaire et les autres enfants étaient très gentils avec moi. Quelques-uns m’ont même enseigné les rudiments du hockey de rue, une expérience qui a fait de nous des amis pour la vie.

Ma première impression du Canada a été celle d’un monde de possibilités et d’abondance, surtout dans le sens immatériel du terme. Beaucoup plus qu’un territoire, c’était un monde en soi.

Une grande partie du monde se retrouve ici, dans la population canadienne et dans ce que les gens y ont amené de leur vie et de leur culture. Entouré de tant de choses à apprendre et à voir, tout me semblait possible.