Vilien Chen

Pays d'origine:

Viêt-Nam

Thèmes:

Patrimoine asiatique, Expérience des réfugiés

Photos:

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In this audio clip, Vilien Chen explains the difficulty she had relating to her home country of Vietnam. She came to Canada at a very young age, and felt she wasn't ready to experience Vietnam until she was an adult.


Histoire

I wish I could tell you my first experience arriving in Canada, but I have no recollection of it at all. That was the summer of 1979. I was three at the time. My parents have always told me not to let others know that we were refugees from Vietnam. They believed that Chinese people would look down on us if they knew. They also would like me to make it a point that they did not take a single penny of welfare money from the government. For some reason, that was important for them.

Even today, the word “refugee” sounds dirty to me. I was always taught not to talk too much about my past, and if people asked me where I was born I should just say that I grew up in Canada. It was important that I not talk too much about my family’s past with others, probably because they could pinpoint where we came from, and that would bring shame to our family.

Ten years ago it was my graduation from school. By chance, perhaps, my parents decided to return to Vietnam. They asked me if I would like to go as well. “You could see the place where you were born,” they said. I didn’t want to go. I had no real interest in returning. I had much rather preferred to hang out with my friends. That trip could have been my graduation present. I remembered around that time as well my grandfather would constantly ask me if I had free time, and that if I did, he would bring me back to Hokkien – the home of my ancestors. I never did get that chance to return with my grandfather.

This summer, exactly ten years later, my mother and father planned again to return to Vietnam. This time I really, truly wanted to go with them. This time I felt it was the right time. The first glimpse I had of my grandfather’s place in Vietnam, it wasn’t our home anymore. My dad thinks that it may have been rented out by the government. When I saw that pale blue and grey apartment, there was a small child sitting on the top balcony floor. Had my mom and dad not escaped to Canada, perhaps my life and my future would be like that child’s.

J’aimerais pouvoir vous raconter mes premiers moments au Canada, mais je n’en ai gardé aucun souvenir. C’était à l’été 1979. J’avais trois ans. Mes parents m’ont toujours demandé de ne pas dire aux gens que nous étions des réfugiés du Viêt Nam. Ils croyaient que les Chinois nous regarderaient avec mépris s’ils le savaient. Ils tenaient également à ce que je sache qu’ils n’avaient pas accepté d’aide financière du gouvernement. C’était important pour eux.

Encore aujourd’hui, le mot « réfugié » a un sens péjoratif pour moi. On m’a enseigné à ne pas trop parler de mon passé. Aux gens qui me demandaient où j’étais née, je répondais que j’avais grandi au Canada. C’était important que je ne discute pas du passé de ma famille, probablement parce que les gens auraient deviné d’où on venait. Et cela aurait attiré la honte sur nous.

Il y a 10 ans, j’ai terminé mes études. Mes parents ont alors décidé d’aller au Viêt Nam, et ils m’ont demandé si je voulais les accompagner. « Ce serait l’occasion pour toi de voir l’endroit où tu es née », m’ont-ils dit. Je n’en voyais pas l’intérêt et je n’en avais pas envie. Je préférais rester avec mes amis. Ce voyage aurait pu être un cadeau pour l’obtention de mon diplôme. Je me souviens qu’à l’époque, mon grand-père me demandait sans cesse si j’avais du temps. Il souhaitait m’amener à Hokkien, d’où viennent mes ancêtres. Je n’ai pas eu la chance d’y aller en sa compagnie.

Cet été, 10 ans exactement après leur première visite au Viêt Nam, ma mère et mon père ont eu envie d’y retourner. Cette fois, j’ai vraiment souhaité y aller aussi. J’ai senti que c’était le bon moment. Dès le premier coup d’œil à la maison de mon grand-père, j’ai compris que ce n’était plus chez nous. Mon père pense que le gouvernement a loué l’endroit. Alors que j’étais devant l’immeuble bleu pâle et gris, il y avait un jeune enfant assis sur le balcon du dernier étage et j’ai pensé : « Si mes parents ne s’étaient pas réfugiés au Canada, ma vie et mon avenir auraient probablement été semblables à ceux de cet enfant ».